Isaac Lewendel, Vichy, La pègre et les Nazis, Nouveau monde éditions

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<Abstract>
La persécution des juifs dans la zone libre culmine avec la déportation des juifs étrangers en août 1942.
Un changement important survient après l’invasion de la zone sud, le 11 novembre 1942. Le gouvernement de Vichy commence à « trainer la patte ». De leur côté, les allemands doivent faire face à leur méconnaissance du terrain et de la langue française, et sont accaparés par des problèmes d’ordre militaire, laissant peu d’effectifs disponibles pour la « chasse » aux juifs. Ils décident de faire appel à des membres de la pègre locale. ces individus louches travaillent alors sur tous les fronts de la répression: renseignements sur le maquis, arrestations de réfractaires au STO, fourniture de marchandises diverses, lutte contre le marché noir, arrestations de Juifs, tout ce qui importe aux polices allemandes.
Les détails de la politique antisémite des nazis et de Vichy ainsi que les mécanismes de la collaboration avec les éléments du crime organisé n’ont jamais été aussi précisément décrits. Cet ouvrage deviendra sans aucun doute une référence majeure pour les historiens comme pour le grand public.
</Abstract>
<Sommaire>

<Chapitre 1>Les oubliés de l’Histoire</Chapitre 1>
<Chapitre 2>Le commissariat général aux questions juives</Chapitre 2>
<Chapitre 3>Henri de Camaret, le délégué du CGQJ pour le vaucluse, et son réseau</Chapitre 3>
<Chapitre 4>Jean Lebon, le procès</Chapitre 4>
<Chapitre 5>Un réseau de profiteurs de biens juifs patronné par l’Etat</Chapitre 5>
<Chapitre 6>Régis d’Oléon, le chef de la légion française des combattants du Vaucluse</Chapitre 6>
<Chapitre 7>La racaille à l’état pur</Chapitre 7>
<Chapitre 8>Les favoris de l’Allemand, Wilhelm Müller, chef du SiPo-SD d’Avignon</Chapitre 8>
<Chapitre 9>La bandde à Palmieri au service du SiPo-SD, Crapules idéologiques ou idéologues crapules? </Chapitre 9>

</Sommaire>
<Auteur>

Isaac Lewendel. Né à Avignon en 1936, Isaac Lewendel fut cadre dans les télécommunications, puis historien. Il a publié Un hiver en Provence avec une préface de Robert O. Paxton (éditions de l’Aube, &996), ouvrage pour lequel il a reçu le Prix franco-européen. Né à Marseille en 1946, Bernard Weisz fut enseignant puis journaliste à Paris. Il a participé à plusieurs documentaires et publié trois ouvrages.

Web: http://www.levendel.com/html/isaac_lewendel.html
</Auteur>

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Un commentaire concernant “Isaac Lewendel, Vichy, La pègre et les Nazis, Nouveau monde éditions

  1. Commentaire général

    L’ouvrage décrit de façon intéressante l’architecture de l’organisation Vichyste et de la collaboration avec les Nazis. On remarque en effet l’organisation intégrée et monopolistique qui descend du pouvoir supprême et centralisé Pétainiste pour former une bureaucratie de notables à vocation idéologique et économique, la légion, et qui s’appuie sur le recours à la force, le bras armé, la milice composée de petits voyous issus du milieu mafieux méridional.

    On remarquera d’une part que la cohésion de l’ensemble repose sur l’argent mais surtout sur le passé criminel de la milice, obligeant ses membres à une fraternité complice de loi du silence, étant de fait exclus à vie de la société à vocation positive et industrieuse. Elle relève du domaine de l’information privée.

    On remarquera également que cette cohésion est de type « naturelle », elle se forme naturellement sans volonté collective d’architecture autre que celle du chef, qui s’impose par la violence et la ruse. La notion de chef est l’incarnation de la suprématie et du recours à la force dans le cadre de la loi du plus fort, élément de dernier jugement pour une population sans éducation. C’est précisément l’unicité et la malléabilité de l’incarnation de cette volonté rendant possible la cohésion de l’organisation, en la personne du chef, qui permet aux nazis d’exploiter une action collective à grande échelle à leur profit.

    On remarquera que la personne du chef que l’on peut également associer à la notion de « roi », est une image fédératrice pronant une organisation centralisée et dont le monopole exclusif de l’activité sociale est rendu nécessaire par l’usage de la violence physique, morale ou économique. Cette façon naturelle d’organiser la société est toujours prédominante aujourd’hui dans la France du début du XXIième siècle.

    D’autres éléments ultérieurs nous montrent que l’organisation sociale et politique marseillaise est structurée de force par la pègre autour du chef : Le parrain marseillais ou le parrain corse.

    On remarquera également que la chasse aux juifs perpétrée par les miliciens et collaborateurs français trouve son origine dans une raison économique. C’est en effet l’insatisfaction économique d’une grande majorité de français qui permet aux idées racistes et ségrégationnistes nazies de se répandre dans la société à la recherche d’une solution, d’un bouc émissaire, d’une victime expiatoire. De ce point nous tirons plusieurs conclusions. La première est qu’il n’est pas nouveau en ce début du XXIième siècle de voir la promotion sociale bloquée en France, provocant ainsi des actions antisociales pour se réapproprier ce à quoi il est nécessaire d’aboutir, le respect de la réussite ayant pignon sur rue, le pouvoir d’une identité forte. Un autre élément d’analyse nous dépeint le français « moyen » comme une crapule sans scrupules, mal élevée, mal dégrossie et incapable d’amour, de bienveillance. Ce dernier point illustre assez bien l’absence de métaphysique, de philosophie utile pour vivre, pour affronter l’adversité, et qui ressort traditionnellement du domaine de la religion. C’est l’incarnation génétique, le fait d’être un bon « aryen », qui justifie la plupart des comportements alimentaires, sociaux et politiques, y compris ceux conduisant au génocide, à la shoah.

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