La revue internationale et stratégique, été 2011

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<Abstract>

Les nouvelles orientations de la pensée stratégique

Alors que l’occident semble avoir perdu le monopole de l’écriture de l’histoire mondiale et qu’un monde post américain se dessine peu à peu, comment se construit, aujourd’hui, la scène stratégique mondiale ?

L’espace stratégique mondial unifié et homogène, s’il n’a jamais existé comme tel, laisserait-il la place à un espace stratégique mondial fragmenté ? En Asie, en Amérique latine, en Afrique, des puissances dites émergentes concurrencent, sur le terrain économique, les puissances établies. Mais qu’en est-il dans le domaine stratégique, et plus précisément dans le domaine de la pensée stratégique ? L’hégémonie états-unienne à imposer les termes du débat stratégique se voit-elle remise en cause par de nouveaux acteurs qui auraient décidé de projeter leur propre vision du monde et de la scène stratégique mondiale ?

Pour tenter d’interroger les nouvelles orientations de la pensées stratégique contemporaine, le dossier revient sur les lieux d’élaboration de cette pensée stratégique dans le monde (université, think tanks, acteurs militaires, organisations internationales, etc.), sur les acteurs qui la produisent ainsi que sur les fondements et les influence intellectuelle de cette pensée.

</Abstract>

<Sommaire>

<Chapitre 1>Les hommes aiment armer Dieu</Chapitre 1>

<Chapitre 2>François Mitterand, architecte de la Grande Europe: le projet de Confédération européenne (1990-1991)</Chapitre 2>

<Chapitre 3>OTAN-UE: quel calcul géorgien ?</Chapitre 3>

<Chapitre 4>Vers un livre blanc européen de la sécurité et de la défense: entre « objet non identifié » et fenêtre d’opportunité</Chapitre 4>

<Chapitre 5>Les pays émergents dans l’actuel ordre mondial</Chapitre 5>

<Chapitre 6>Editorial</Chapitre 6>

<Chapitre 7>Les grands débats stratégiques à l’épreuve des faits</Chapitre 7>

<Chapitre 8>Comment se construit l’agenda sécuritaire international ?</Chapitre 8>

<Chapitre 9>Sociologie de la production stratégique</Chapitre 9>

<Chapitre 10>La fausse neutralité des continents</Chapitre 10>

<Chapitre 11>De la nécessité des débats stratégiques</Chapitre 11>

<Chapitre 12>La stratégie américaine: du statut de superpuissance à celui de superpartenaire ?</Chapitre 12>

<Chapitre 13>L’influence grandissante des think tanks américains dans le processus d’élaboration des politiques de sécurité contemporaines</Chapitre 13>

<Chapitre 14>Les acteurs de la doctrine stratégique russe</Chapitre 14>

<Chapitre 15>La pensée stratégique chinoise, quelques pistes de réflexion</Chapitre 15>

<Chapitre 16>les déterminants de la pensée stratégique d’Israël</Chapitre 16>

<Chapitre 17>Entre dénégations et critiques, la pensée stratégique indienne: des déterminants, une réalité.</Chapitre 17>

<Chapitre 18>Brésil, 2003-2011: une politique étrangère orginale, conçue sans laboratoires d’idées</Chapitre 18>

<Chapitre 19>De la citadelle assiégée à une vision continentale: la pensée stratégique sud Africainew</Chapitre 19>

<Chapitre 20>Une europe stratégique post-américaine est-elle envisageable</Chapitre 20>

</Sommaire>

<Auteurs>

</Auteurs>

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2 commentaires on “La revue internationale et stratégique, été 2011

  1. Vers un livre blanc européen de la sécurité et de la défense: entre « objet non identifié » et fenêtre d’opportunité

    Commentaire général

    La notion de livre blanc pour définir la planification stratégique nous parait quelque peu rudimentaire et obsolète. Les technologies de l’information apportent aujourd’hui une réponse beaucoup plus élaborée à la planification stratégique. Ceci, conjugué avec notre observation de la société française en ce début du XXIième siècle, nous montrant que cette société est structurée par l’esprit d’entreprise, souvent étranger, dans les domaines technologiques, industriels, financiers et économiques, illustrent assez bien en quoi, la construction européenne doit se jouer dans le registre diplomatique et politique mais surtout dans le domaine industriel, économique, financier, et culturel. Selon notre opinion, une organisation gouvernementale propre à chaque Etat, ayant pour objectif la planification stratégique, comme l’était le commissariat au plan est indispensable pour garantir dans un premier temps la souveraineté économique, politique et militaire, puis construire des partenariats stratégiques qui découleront analytiquement des premiers éléments de planification. De l’exécution de ces partenariats suivra la consolidation de l’Europe.
    Pour résumer et prendre l’exemple français, un comité stratégique directement rattaché au premier ministre n’est pas suffisant, il ne garantit pas la souveraineté économique comme l’illustre la crise économique de 2008-2012.
    La planification stratégique au niveau gouvernemental n’est pas un enjeu mineur, les USA y investirent plusieurs milliards de dollars dans le domaine de l’intelligence artificielle. Elle soulève des problèmes technologiques, politiques, économiques et éthiques qui peuvent mettre en danger la démocratie et la république.

  2. Comment se construit l’agenda sécuritaire international ?

    Commentaire général

    L’auteur décrit dans son article les différentes organisations de régulation des conflits au niveau mondial, Onu, G8, diplomatie régionale et gouvernementale. Il nous semble apparaître un effet structurant par la notion même d’agenda et l’auteur de conclure malicieusement son article par le fait que c’est une construction « par le haut ».

    Après notre observation des différentes crises internationales entre 2009 et 2012 (Tunisie, Libye, Mali, Syrie), nous souhaiterions rappeler que la décision politique entrainant un pays ou un groupe de pays dans une crise n’appartient pas à une seule personne, même si au final, il y a de fortes probabilités que l’initiative soit le fait d’un petit nombre de personnes. Qui peut se permettre de décider unilatéralement d’un engagement militaire ? Il faut être, d’une part, sérieusement désinhibé au niveau stratégique et ensuite avoir des motivations justifiables à un niveau gouvernemental pour former la décision d’engagement. C’est pourquoi nous souhaiterions rappeler que la formation de l’agenda sécuritaire « par le haut » est le fruit d’une décision rationelle qui s’appuie sur une planification stratégique dont les modalités n’excluent pas le recours à la force, l’usage cohercitif militaire. Un pays revendiquant l’hégémonie, tout démocratique fut-il, ne doit pas avoir le monopole de la planification et de fait construire l’agenda sécuritaire international sur un horizon d’une dizaine d’années ou plus.

    Nous ne souhaitons pas faire l’apologie d’un interventionnisme militaire, d’un va-t-en-guerre en quelque sorte, mais plaider pour que la construction nationale s’appuie sur une construction dont la stratégie repose sur la planification dans les domaines économiques, culturels, et militaires. La planification stratégique au niveau gouvernemental soulève de nombreux débats qui doivent structurer l’organisation de l’Etat et qui doivent être structurés par les valeurs de la démocratie et de la république. Nous souhaiterions rappeler que la planification est le moyen d’implémenter la tactique à partir de la stratégie, mais c’est également le moyen de garantir une stratégie sur un horizon de temps important, un horizon qui dépasse la durée de l’exercice du mandat présidentiel. La planification est le garant de la volonté gouvernementale, de la volonté nationale.

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