Jean-Didier Vincent, voyage extraordinaire au centre du cerveau, Odile Jacob

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<Abstract>

Qu’est ce que l’amour ? Pourquoi peut-on devenir dépendant de certaines drogues ? D’où vient le plaisir qu’on prend à manger et à boire ? A quoi servent les rêves ? Pourquoi nos émotions influencent-elles parfois nos choix et nos décisions ? Comment fonctionne la mémoire ? Alzheimer et Parkinson : quels sont les espoirs ?

</Abstract>

<Sommaire>

<Chapitre 1>Le paysage cérébral</Chapitre 1>

<Chapitre 2>Avec qui voyager ?</Chapitre 2>

<Chapitre 3>Le climat et les saisons</Chapitre 3>

<Chapitre 4>Dormir</Chapitre 4>

<Chapitre 5>Manger</Chapitre 5>

<Chapitre 6>L’hypothalamus’ Restaurant</Chapitre 6>

<Chapitre 7>Boire</Chapitre 7>

<Chapitre 8>Mourir de soif</Chapitre 8>

<Chapitre 9>La vallée des plaisirs</Chapitre 9>

<Chapitre 10>Le rire et compagnie</Chapitre 10>

<Chapitre 11>Boulevard Pavlov</Chapitre 11>

<Chapitre 12>Les chemins de l’amour</Chapitre 12>

<Chapitre 13>Le salon des beaux-arts</Chapitre 13>

<Chapitre 14>Le grenier des souvenirs</Chapitre 14>

<Chapitre 15>Le cerveau des facultés</Chapitre 15>

<Chapitre 16>Le cerveau de l’action</Chapitre 16>

<Chapitre 17>Le cerveau de l’autre</Chapitre 17>

<Chapitre 18>Le jardin des langues</Chapitre 18>

</Sommaire>

<Auteur>

Jean Didier Vincent:

Wikipedia FR: http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Didier_Vincent

wwi: /internet/Médecine/Cerveau_Vincent-2009-11-18-04-18-17/

</Auteur>

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5 commentaires on “Jean-Didier Vincent, voyage extraordinaire au centre du cerveau, Odile Jacob

  1. Chapitre 1 Le paysage cérébral

    Quoi, ce gros fruit rosâtre aux reflets de nacre serait le subtil reposoir de notre âme et le temple de nos passions ? Il faut nous faire une raison : l’humaine nature est tout entière contenue dans ces 1500 g de cervelle, et sa mort après que le sang a cessé de circuler dans les nombreux vaiseaux qui courent sur sa surface et dans sa profondeur signifie la mort de l’individu.

    Derrière le propos légèrement ironique se cache sans doute une doctrine athée, assimilant l’individu à sa seule enveloppe charnelle. On mettra le propos en opposition avec la théorie taoïste qui veut que l’homme possède deux corps: un corps terrestre et un corps céleste.

    On remarquera également que la médecine occidentale prend ses racines chez les disséqueurs de cadavres et les bases rappelées ici, sans détail, par l’auteur repose sur une analyse post-mortem. Notre opinion n’est pas de négliger quelques champs de l’étude même si ils revêtent des caractéristiques particulièrement propices à développer une tendance morbide mais de souligner plutôt l’intérêt d’une étude « holistique » étudiant le phénomène in vivo comme des techniques de concentrations ou de méditations.

    Le commentaire général repose sur notre répugnance naturelle à consulter les oeuvres de scientifiques et autres chirurgiens décrivant avec un luxe de détails, les aspects et caractéristiques des maladies affligeant leurs cobayes. Nous n’entrerons pas dans le débat tant apprécié des connaisseurs pour savoir où siège l’âme, si elle existe. Nous nous arrêterons sur une démarche pragmatique pour élucider si l’un ou l’autre des propos répond à notre besoin d’amélioration de la performance dans la vie quotidienne.

  2. Avec qui voyager ?

    On ne voyage jamais qu’avec « soi-même ». Voilà un compagnon dont on peut se défaire et qui se manifeste sans retenue à chaque détour de notre chemin. Aplus forte raison lorsqu’il s’agit de voyager dans notre cerveau, que ce soit pour une simple excursion ou une véritable expédition. On y est le plus souvent reçu comme chez soi. Encore faut-il s’y bien conduire : le respect s’impose, mais le rire n’est pas interdit. Au commandement : connais-toi toi-même, Stendhal préfère: on peut tout connaître, excepté soi-même. Il n’a pas tort. Je propose de parler d’ignorance éclairée pour définir notre quête.

    (…) Prenez garde de ne pas disparaître au milieu de ces autres. « Il ne faut pas se mettre à la place des autres, dit Voltaire, sinon je penserais de moi comme eux. » Boutade, bien sûr, qui contredit ce que j’ai dit plus haut sur la conscience de soi mais précaution utile avant d’entreprendre le voyage dans un cerveau: ne pas penser de moi ce qu’en pensent les autres – à trop se regarder à travers les yeux d’autrui, il y a danger de se voir odieux ou malheureux, ce qui n’est guère encourageant pour vivre.

    (…) Comme excursion à risque, je recommande aussi Virgile, spécialiste des croisières en enfer, seul ou accompagné de Dante, un pince sans rire dont l’humour vous protégera de rencontres peu recommandables dans l’hypothalamus. Avec joyce, alias Dedalus, vous vous égarerez dans des venelles obscures qui sentent la bière et la chair pas très fraîche. Proust, bien sûr, vous conduira dans les palais de la mémoire, cette région de l’hippocampe où les mirroirs et les lustres dissimulent des antres sordides.

    On décèle ici les prémices d’une cartographie cérébrale peuplée par l’imaginaire des écrivains.

    On pointe ici du doigt le danger de s’aventurer dans les cauchemards des écrivains, musiciens et autres cinéastes et l’impact que cela peut avoir sur notre propre monde imaginaire et notre propre cerveau.

    On pointera également une tendance de la stratégie (géo)politique à véhiculer la peur: /Actublog-2/?p=26.

    (…)

    La démarche qui consiste à s’en remettre à la seule compétence d’un guide – psychiatre, neurologue ou les deux à la fois – n’est jamais facile.

    Les thérapies

    il serait aussi naïf qu’erroné de vouloir opposer la psychanalyse et les « psychothérapies ». Décrire la psychanalyse en quelques lignes est aussi vulgaire et vain que de vouloir réduire le musée du Louvre à une carte postale de la Joconde. Je me limiterai donc à affirmer qu’il s’agit, hors de toute querelle partisane ou polémique éculée, d’une fascinante façon de voyager dans un cerveau. Les psychothérapies n’ont pas la vocation d’exploration et d’errance dirigée de la psychanalyse. en revanche, elles prétendent guérir.

    Les thérapies dites comportementales se distinguent par leur efficacité dans le traitement des troubles obsessionnels et compulsifs et des formes graves de l’anxiété. (…) introduisant le concept de schémas qui représentent des interprétations personnelles et automatiques de la réalité, Aaron Beck associe ceux-ci à des manifestations émotionnelles pathologiques. Il propose au sujet de révéler les pensées qui lui viennent à l’esprit lorsqu’il ressent un violente émotion.

    On fera l’analogie avec l’exercice de l’auto-hypnose permettant de cultiver une attention vigilante et d’observer les mécanismes spirituels. On ne fera pas de commentaires sur les thérapies considérant celles-ci comme exogènes au patient et de fait cultivant potentiellement des germes de dépendance.

    L’hypnose eriksonienne, du nom de son fondateur le psychiatre Milton Erickson, a pris le relais de la grande hypnose à la Charcot.
    (…) de provoquer chez celui-ci toutes sortes de manifestations corporelles bizarres et spectaculaires – paralysies, anesthésies, mutisme, transes et autre phénomène qualifiés abusivement de grande hystérie -,

    (…) relativement passée de mode, la thérapie centrée sur la personne créée dans les années 1960 par Carl Rogers insiste sur la relation empathique entre le thérapeute et son patient.

    (…) Très branché aujourd’hui, en revanche, l’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) s’inspire des manifestations oculaires observées au cours du rêve pendant la phase paradoxale.

    (…) Pour terminer cette parade des guides officiels ou apparentés sur une note humaniste, pour ne pas dire amicale, quelques indications sur la méthode que Fritz Perls a appelé la Gestalt-thérapie dont on pourrait dire en jouant sur les mots (Gestalt en allemand signifie forme) que sa finalité est de permettre à l’individu de retrouver la forme – être bien dans son corps et dans sa tête -, grâce à une méthode de développement personnel qui utilise la médiation corporelle pour faire sauter les verrouillages émotionnels.

    On remarquera que le développement spirituel ou la thérapie, dans le cas d’une maladie, est étroitement lié au degré de connaissance, de culture de l’individu ( dans un langage technique: d’information pertinente). Ce degré d’intelligence sociale lui permettant de se situer dans la société n’est cependant pas une fin en soi, mais un prérequis à la compréhension plus profonde des mécanismes intérieurs. Cette compréhension intérieure alimentant par la suite celle des phénomènes extérieurs.

  3. Le climat et les saisons

    Comme le temps, le cerveau a ses humeurs conditionnées par un climat variable selon les individus ; mélange de froid et de chaud, de sec et d’humide. Il est sujet à des changements plus ou moins soudains, à des dépressions qui amènent les orages ou les calmes plats avec leur torpeur paralysante. Enfin, il est sensible aux changements de saison notamment à la durée respective des jours et des nuits.
    (…) Comparable au régulateur d’ambiance que l’on trouve dans les appartements bourgeois, un thermostat est placé dans l’hypothalamus, lieu que nous aurons l’occasion de visiter à plusieurs reprises, car il s’y concocte des choses plus ou moins avouables que l’on désigne sous le nom pudique de « fonctions végétatives ». Pour que le système fonctionne, il faut qu’ilsoit informé des variations de la température du corps grâce à des détecteurs thermiques situés dans l’hypothalamus, ou sur la peau et dans les viscères. Après avoir rassemblé et analysé toutes les informations, la centrale thermorégulatrice déclenche les réactions appropriées du corps destinées à produire ou à éliminer de la chaleur.

    (…) L’état central fluctuant

    L' »état central fluctuant » désigne la manière d’être d’un organisme considéré dans ce qu’il a de permanent, sans que cela implique l’idée d’arrêt ou l’absence de changement ; il exprime à la fois le devenir, la finitude et le caractère dynamique qui qualifient le vivant. Central, comme une centrale d’achats, une centrale de consommateurs, une centrale syndicale, mais aussi centrale comme une prison. Etre prisonnier de son corps, c’est mieux que de ne pas avoir de corps ; être prisonnier des autres, mieux que d’être seul! Central, comme le système nerveux par lequel le sujet déploie sa présence au monde. Fluctuant, enfin, parce que cet ECF change sans cesse au fil du temps.
    L’ECF s’exprime selon trois dimensions: la dimension corporelle, la chair ; la dimension extracorporelle (le monde des phénomènes), c’est à dire le monde propre de l’individu; la dimension temporelle enfin, occupée par les traces accumulées au cours du développement de l’individu depuis sa conception jusqu’à sa mort. Cette dernière dimension relève soit du déterminisme génétique qui met en place les programmes centraux, ordonne la maturation et le vieillissement, soit de la contingence historique qui intègre les évènements de l’existence ; en bref, tout ce qui contribue au développement du sujet.

    Certains éléments sont pertinents mais nécessitent une interprétation plus pratique pour être utilisés. On fera référence à une pensée taoïste qui veut que l’homme soit le maître des trois dimensions mais un pion sur l’échiquier du temps ./?p=43. On fera également référence à la notion de chi, véhicule de l’énergie dans le corps et dirigée par le chen, le mental. On s’arrêtera sur la notion d’énergie curieusement absente de la définition. Malgré la bonne volonté, la vision philosophique qui découle de la vision système ne permet pas d’être utilisée pour caractériser sa dynamique (prisonnier de son corps …).

    Les émotions

    Les évènements climatiques qui viennent interrompre le calme apparent de l’humeur sont l’objet d’études savantes. Parmi les émotions, Paul Ekman ne retient que six catégories: la joie, la surprise, la peur, la colère, le dégoût et le chagrin, auxquels certains auteurs ajoutent parfois l’intérêt et la honte.
    La caractéristique temporelle des émotion est sa brièveté. elle est avant tout une réaction à un évènement extérieur qui entraîne des bouleversements dans l’espace corporel et une réponse expressive organisée par le cerveau.

    La palette d’émotions de la présente définition semble assez réduite. On supposera qu’il s’agit des émotions primaires de la même façon qu’il existe les couleurs primaires qui, une fois mélangées, représentent la gamme de couleur naturelle. On fera également l’analogie avec le propos bouddhiste qui caractérise les poisons de l’esprit comme l’envie, la jalousie ou la colère, qu’il convient de maîtriser par l’exercice approprié de méditation sur les antidotes amour, compassion, équanimité. Pour revenir sur la notion d’intelligence émotionelle chère aux théoriciens de l’intelligence, on citera une pensée sur la rationalité venant d’un ouvrage d’intelligence artificielle: ./?p=13 et qui précise que ce sont les émotions (sentimentalities) qui nous font agir. Personnellement on pense que maîtriser ses émotions ne consiste pas à les supprimer, les inhiber mais à les comprendre et à les utiliser en temps réel. On regrettera que la suite du présent ouvrage ne traite que des pathologies des émotions (mélancolie, dépression).

    (…)
    Les études morphométriques en résonance magnétique nucléaire sur des populations de patients présentant des troubles de l’humeur, ainsi que des observations post mortem montrent que leur évolution à long terme se traduit par des anomalies anatomiques significatives lorsqu’on les compare au mesures effectuées chez des sujets témoins.

    Ce point vient confirmer la notion de plasticité du cerveau ainsi que l’hypothèse qui veut que la méditation puisse par la maîtrise des pensées, des émotions, modifier de façon significative la structure de celui-ci. On citera l’ouvrage de référence entre le Dalaï Lama et des scientifiques: ./?p=177

    Les saisons et les jours

    Le cerveau est sûrement l’organe du corps le plus sensible à l’alternance du jour et de la nuit. L’horloge interne du cerveau réglée spontanément sur une période de 25 heures – peut être un souvenir venu de la nuit des temps où les journées étaient plus longue parce que la terre tournait plus lentement.

    L’horloge est logée dans l’hypothalamus – une région appelée noyau suprachiasmatique – où des rouages compliqués font interagir des molécules synthétisées en période diurne avec des molécules synthétisées en période nocturne entraînant une oscillation globale de deux ensembles neuronaux sur une période de 25 heures.

    (…) Une deuxième horloge cérébrale – l’épiphyse – est en charge des variations saisonnières des fonctions organiques. située dans la région de l’épithalamus, en arrière du troisième ventricule, cette glande (également nommée glande pinéale et qui constitue pour Descartes pas moins que le siège de l’âme) produit une hormone, la mélatonine, dérivée de la sérotonine. La synthèse de mélatonine à partir de la sérotonine est régulée par une enzyme.

    On fera référence à une citation taoïste ./?p=44 postulant l’intérêt de concevoir le temps de façon circulaire et non de façon linéaire pour s’approprier une moralité privée. On rappellera que de cette notion de circularité du temps découle la notion de rythme. Pour l’instant nous remarquons simplement l’intérêt d’analyser notre propre conception du temps. On reviendra ultérieurement sur la notion de rythme, en remarquant ici qu’un rythme biologique est inscrit dans notre patrimoine génétique.

  4. Le grenier des souvenirs

    L’auteur évoque le terme d’anosognosie pour décrire le fait qu’un malade ne se rend pas compte des troubles qui l’affectent, en particulier pour un trouble cérébral.
    Ce point nous intéresse dans la mesure où l’anosognosie est le phénomène qui décrit le mieux la perception de la voie dans les philosophies asiatiques (La voie ne peut être vue, ni entendue, …). La voie est la traduction du terme Dao ou Tao et peut également être traduit par la vie. Un certain nombres de textes taoistes visent à combattre l’anosognosie que les bouddhistes appellent généralement ignorance. Combattre l’anosognosie est ce que cherche le moine bouddhiste en progressant vers l’éveil.
    Pour revenir à l’anosognosie des aléas de la vie quotidienne en occident, on remarquera que l’adolescent, victime inévitable de l’ignorance, a recours à la consommation d’alcool ou de drogues, plus généralement à l’orgie pour modifier ainsi ses perceptions et rompre l’anosognosie qui l’handicape dans un monde où il devient adulte et responsable. Ce n’est pas sans risque et provoque parfois plus de dégats à long terme sur la santé cérébrale que le bénéfice immédiat visant à évacuer le stress. On notera un corollaire qui veut que la purification des sens par l’ascèse vise à éliminer les phénomènes d’anosognosie liés à la consommation régulière d’alcool ou de drogues.

  5. Commentaire général

    La fin de l’ouvrage, lue presque 4 ans après son début, apporte des réponses à certaines interrogations de 2009. L’auteur présente le cerveau comme une ville, voire même un continent, et ce point mesure l’importance d’avoir une urbanisation du système d’information, dans le cadre d’une organisation ou d’une nation. Le système d’information est selon notre opinion, une prothèse cybernétique pour le cerveau et pour l’organisation, qui n’est autre qu’une forme d’intelligence collective. Nous constatons ici que la réponse à la complexité se traduit par une architecture de type urbanisation et de type évolutif.
    Ce qui valide le modèle des systèmes d’information à source ouverte (open source) de type Linux, ainsi que notre propre modèle d’architecture pour un système général au niveau national ( plus d’information sur http://www.cooperation-iws.eu).

    Pour revenir au contenu de l’ouvrage, de nombreux éléments nous montrent que des ponts existent entre les philosophies asiatiques comme le bouddhisme et le taoisme et la médecine occidentale, à la différence près que la médecine occidentale ne véhicule pas de sens à vocation thérapeutique pour le patient, alors que la philosophie destinée à préserver la santé s’adresse à tous (Mes mots sont faciles à comprendre ).

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